24 décembre 2017 Non Par Cameroun-inside

 

L’Association citoyenne de défense des intérêts collectifs (Acdic) du Cameroun a tiré, vendredi par voie de communiqué, la sonnette d’alarme quant à la présence constante des découpes de poulets congelés importés sur certains marchés de la capitale du pays, Yaoundé, alors que les importations de cette denrée, aussi «dangereuse» pour notre l’économie locale, sont interdites depuis le 16 mars 2006.

La nouvelle méthode de vente, explique l’ONG, consiste à exposer de toutes petites quantités sur quelques étals et de dissimuler le gros lot dans des domiciles privés.

Dans quelques rares poissonneries, les cuisses et pattes de poulet congelé côtoient celles du poulet local, et il faut être connaisseur pour faire la différence.

Pour les grosses commandes, poursuit l’Acdic, il faut avoir «le bon réseau» ou se renseigner chez la bonne personne, ensuite montrer patte blanche pour être discrètement conduit au magasin.

Selon un délégué d’arrondissement des Pêches et des Industries animales, cité par l’ONG, ce trafic est mené par des commerçants véreux qui développent en permanence de nouvelles stratégies de contournement, dissimulant leur marchandise à l’approche des équipes de contrôle, et entreposant des chambres froides dans des domiciles privés.

Mais l’Acdic insiste, qui voit derrière ce «juteux business» la main de «certains hauts fonctionnaires», les mêmes qui protègent ces commerçants. D’autres raisons, pouvant expliquer la résurgence de ce commerce concernent les prix de vente du poulet congelé, vendu à 2000 FCFA, contre 3000 FCFA pour un poulet local de 1,8 kilogrammes. D’autres consommateurs évoquent le gain de temps, ces découpes de poulet congelé étant prêtes pour la cuisson, avec la possibilité d’acheter de petites quantités en fonction de la bourse de chacun.

L’importation du poulet congelé, rappelle-t-on, est officiellement interdite au Cameroun depuis une dizaine d’années, au terme d’une âpre bataille de la filière avicole dénonçant la malbouffe et la mort programmée du secteur.

Selon les statistiques de l’Acdic, le pays, avec comme premier bénéficiaire son armée, a pourtant importé 635 tonnes d’abats et de viandes de volaille pendant la période allant du 1er janvier au 30 septembre 2011.

FCEB/of/APA