15 octobre 2017 Non Par Cameroun-inside

Le chef de l’Etat camerounais, Paul Biya, a instruit le Premier ministre, Philemon Yang, de constituer des délégations d’élites anglophones afin d’aller à la rencontre des populations des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest en plein marasme socio-politique depuis une année.

 

Ladite instruction, contenue dans un message signé du directeur de cabinet du Premier ministre, Paul Ghogomu Mingo, intervient au lendemain des violences survenues les 22 septembre et 1er octobre derniers dans ces zones, lorsque l’armée a chargé des dizaines de militants de la cause sécessionniste.

Le message précise que les envoyés spéciaux, en mission de terrain du 15 au 24 octobre, devraient transmettre, à leurs interlocuteurs, le message de paix et de vivre-ensemble du président de la République, établir un dialogue constructif et encourager le retour à la normale.

On rappelle qu’en mars dernier, Philemon Yang, toujours délégué par Paul Biya, s’était déjà rendu à Bamenda (Nord-Ouest), considéré comme l’épicentre de la contestation séparatiste, afin d’établir un climat d’apaisement, une démarche qui n’a manifestement pas prospéré.

Selon un communiqué rendu public vendredi par l’ONG de défense des droits de l’homme Amnesty International, relatif à la répression du 1er octobre, lors de la proclamation symbolique de l’indépendance du Southern Cameroon, ce sont «plus de 500 détenus» qui sont «parqués comme des sardines dans les prisons dont celles de Bafoussam (Ouest), Buea (Sud-Ouest) et de Bamenda.

Le gouvernement camerounais, par l’entremise de son porte-parole, Issa Tchiroma Bakary, a pour sa part réfuté ces allégations, déclarant que les forces de maintien de l’ordre avaient «fait preuve d’un professionnalisme et d’une retenue remarquables dans les opérations menées, n’agissant qu’en état de légitime défense».

Pour lui, c’est cette modération dans la riposte des forces du maintien de l’ordre qui a permis de limiter les pertes en vies humaines, en dépit du fait que les hommes en tenue étaient constamment harcelés par des assaillants armés.

«Qu’il soit donc clair une fois pour toutes, qu’aucune manifestation intervenue à cette occasion n’a fait l’objet d’une répression par des tirs à balles réelles.»

FCEB/od/APA